Trop lourde, pas assez fine, disproportionnée : lorsque Mercedes-Benz a présenté sa toute nouvelle W140 en 1991, les critiques se sont vite fait entendre. Il faut bien dire que succéder à la W126 est une tâche difficile, et le dessin de la nouvelle venue est loin d’égaler la finesse d’une 280 ou 300 SE. Pourtant, à l’image d’un bon vin, la W140 vieillit bien, et de plus en plus de passionnés se plaisent à redécouvrir ce mastodonte du monde Automobile.

 

 

En 1985, Mercedes présente la phase 2 de la W126, avec l’apparition de la légendaire 560 SEL/SEC. Mais en réalité, la marque à l’étoile a déjà la tête ailleurs, et commence à préparer la succession de son best-seller. Mercedes veut anticiper la révolution de l’électronique embarquée, et sait que la concurrence sur le segment des berlines haut de gamme va devenir de plus en plus rude. En effet, dès 1987, BMW introduit un V12 sur son haut de gamme là où la 560 se contente d’un V8. Deux ans plus tard, c’est Toyota qui coupe l’herbe sous le pied des allemands, avec la création de Lexus et le lancement de la LS400. Autant dire que Mercedes a fort à faire pour maintenir sa position, et après 6 ans de développement, la W140 est présentée au Salon de Genève, devenant une des voitures les plus en avance technologiquement de son temps, mais peut-être aussi une des plus incomprises.

 

 

Malgré un dessin relativement sobre, la ligne de la W140 est de loin ce qui la démarque le plus. Avec plus de 5m de long, 1m89 de large et près de 2 tonnes, la classe S est un pachyderme. Mais le pachyderme est élégant, et le message est clair : la Mercedes est la plus impressionnante, la plus luxueuse et la plus en avance sur son temps parmi toutes les berlines haut de gamme. Concernant l’intérieur, celui-ci n’est pas en reste, et reprend la même philosophie de « l’excès sobre ». Le lien avec l’habitacle de la W126 est évident, mais celui-ci est bodybuildé, au point de devoir décaler vers la droite les grilles d’aérations afin de laisser place à l’ensemble volant-cadrans. Typique des premières années de l’électronique embarquée, la planche de bord de la W140 est riche en boutons de tout genre. Enfin, le bois et le cuir (optionnel) couvrant l’habitacle apportent une touche de luxe et d’élégance plus traditionnelle.

 

 

 

Sous le capot, Mercedes propose dès le lancement des 6 cylindres en ligne essence et diesel et des V8 pour les 400 et 500. Ils seront vite rejoints par un plus noble V12 de 6 litres et 394 cv, qui se retrouvera quelques années plus tard sous le capot de la Pagani Zonda. 3 phases se sont succédé tout au long des 8 ans de carrière de la W140. En 1993-1994, la nomenclature évolue et la lettre « S » précède dorénavant le nombre indiquant la cylindrée du modèle, la 500SEL devenant S500 L à titre d’exemple. Esthétiquement, des changements mineurs sont apportés, avec notamment les rappels de clignotant avant qui deviennent blancs. Techniquement, l’ESP est introduit comme option, tandis que l’antipatinage est inclus de série sur la berline et le coupé. En 1997, les pare-chocs sont peints couleur carrosserie, et les feux arrière deviennent plus clairs, afin de rajeunir et fluidifier l’apparence de la voiture.

 

 

 

 

Comme pour toute classe S qui se respecte, la liste d’équipements disponibles est interminable, à condition bien entendu d’être prêt à payer le prix. La W140 est particulièrement riche en options nouvelles apparues avec le développement de l’électronique embarquée. Cela lui causera aussi quelques torts, du fait de sa grande complexité et de la fiabilité relative de certains composants électroniques. Parmi les options proposées, on retrouve le double vitrage, l’anti-patinage, les sièges chauffants, les rétroviseurs chauffants rabattables électriquement ou encore l’assistance à la fermeture des portes.  La S600 Coupé fut également la première voiture au monde à intégrer un système ESP produit par Bosch. Enfin, afin de faciliter le stationnement du tank, Mercedes a intégré des antennes déployables automatiquement aux extrémités arrière de la voiture, pour aider le conducteur à se repérer dans l’espace. Ce système fut remplacé en 1994 par des capteurs ultrasons.

 

 

 

Même sans système multimédia dernier cri ou équipements de sécurité passive, la W140 demeure encore aujourd’hui une référence en termes de confort et d’habitabilité. Figurant parmi les dernières Mercedes à être « surdéveloppées », elle incarne encore cette époque sans limites, ou toutes les dépenses étaient justifiées pour produire « le meilleur ou rien ».

 

 

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